Selitan, le domaine des Oracles ondiniennes

 

En bordure du très silencieux, et un peu inquiétant, domaine outreterrien des Nornes se trouve l’Arche de Selitan, érigée en des temps indéterminés par des artisans en provenance de l’Olympe. Des blocs de marbre blanc couvert de lierre, sculpté d’une fresque narrant le périple de quelques-uns, emmenant avec eux une pythie afin de la soustraire à un sort funeste concocté par Héra, une nouvelle fois jalouse de la beauté d’une mortelle, et préférant maudire cette dernière plutôt qu’un époux clairement un peu trop irrespectueux.

L’Arche est un portail vers Selitan, petit royaume isolé de l’Outreterre où s’est développé un matriarcat gouverné par des oracles olympiennes, dont le lignage croisa un jour celui de quelques gardinals élyséens. Comme les Nornes asgardiennes, les Oracles selitani ont depuis longtemps choisie le secret et la dissimulation, limitant leurs interactions avec l’extérieur, gardant cependant un œil sur la grande Histoire de la Roue, y participant même, le plus discrètement possible, en révélant prophéties et vérités cachées.

Selitan est une région de collines rocheuses criblées de tunnels menant à de nombreux mausolées, des oliviers poussent le long de sentiers millénaires reliant de paisibles villages formant un cercle autour du Temple de l’Onde, le cœur du pouvoir mystique et politique. Les membres de la Fraternité de l’Ordre, et leur désir de tout comptabiliser, recensent trois milliers d’habitants au sein du royaume, dont deux tiers sont des mâles, en charge des tâches agricoles et domestiques, tandis que les femmes s’occupent de l’organisation, la politique et surtout, des rituels mystiques.

Il n’existe pas véritablement de structure familiale au sein de la société selitani. Chaque femme doit attendre la bénédiction de la déesse Nyx avant de choisir un ou plusieurs compagnons, seules les porteuses de lignages gardinals peuvent procréer sans l’aval de la déesse, les suppliantes ne recevant que rarement la permission d’enfanter. Lorsque né un enfant, et s’il s’agit d’une fille, elle est élevée par celles de son lignage. Les mâles pour leur part, sont élevés par leur père et ceux de son village, mais ils restent excessivement rares, et très surveillés car forcément liés aux grands plans de la déesse.

Selitan ne possède pas d’armée, et bien que les hommes soient autorisés à pratiquer des activités physiques, l’éducation selitani incite plutôt sur l’usage de la réflexion et de l’argumentation. En cas de problème, généralement anticipé grâce aux oracles, des mercenaires élyséens sont convoqués afin d’assurer la défense du petit royaume. Pour ce qui est de la sécurité au sein des frontières de Selitan, une prêtresse reçoit cette charge de manière héréditaire, son lignage la reliant aux lupinals d’Elysée, ses traits célestes l’inclinant donc plus volontiers à un instinct protecteur de sa « meute ». Pour les affaires mystiques du royaume, une autre prêtresse est en charge des rituel et du savoir divinatoire. Son lignage ursinal la prédisposant à la quête de connaissance. Enfin, la troisième prêtresse en charge des affaires politiques du royaume tient lieux de réceptacle des visions impliquant Selitan, mais également de grands évènements, sa nature leonal la prédisposant à régner sur les autres, c’est elle qui tranche les discussions, arbitre les affaires locales.  

Puissance : La Demi-puissance Nyx veille sur les oracles selitani depuis plusieurs millénaires, et bien qu’elle ne fût en rien impliquée dans l’exode de la Première Pythie, ce furent les descendants de cette dernière qui recueillirent celle qui fut jadis une Puissance olympienne majeure, régnant sur la nuit, crainte des autres divinités d’Olympie. Trahie, contrainte de partir en exil, la déesse Nyx trouva en Selitan un domaine idéal où panser ses plaies, tout en amplifiant les dons prophétiques des lignées d’oracles.

Liant son essence au royaume, la déesse offre à celui-ci une nuit étoilée perpétuelle, où chaque étoile est une âme selitani venant renforcer son pouvoir et nourrir l’essence de la magie divinatoire.

Traditionnellement, la Grande Oracle devient sa principale mandatée, mais depuis quelques générations, Nyx semble vouloir choisir d’autres servantes, généralement de lignages différents, afin d’explorer l’immensité des Plans de la Roue.

Suppliants : Seules les porteuses de lignées gardinals sont des planaires, en mesure de quitter le royaume, le reste de la population est composée de suppliants olympiens liés par une mort associée à une noyade nocturne. Il peut sembler étrange que la démographie du royaume n’augmente guère, mais Nyx semble vouloir choisir elle-même chacune des âmes venant à elle. Ainsi, le pâtre croisé au détour du chemin saura être un élu de la déesse, béni par une destiné singulière.

Grossium : Bien entendu, ce sont les Oracles selitani qui règnent sur le peuple de Nyx. Seules à conserver une certaine indépendance face à la volonté de la déesse, elles sont ses alliées plutôt que ses servantes. La magie divinatoire des ondes à en effet été offerte par les gardinals d’Elysées, Nyx se contentant d’amplifier ces pouvoirs.

La Grande Oracle Lachésis (pl Selitani ♀/Oracle ondinienne 17/ N) règne sur le domaine depuis le départ de sa mère, Anankë, apparemment appelée dans le monde souterrain des mausolées, par la déesse Nyx. Préoccupée par de récentes prophéties menaçant son royaume, Lachésis a envoyée ses trois filles, Jadyeska, Inyeska et Sinyeska, à travers les Plans, afin qu’elles observent et acquièrent des capacités en mesure de revigorer les lignées selitani.

L’Ondinienne Clotho (pl Selitani ♀/Oracle ondinienne 13/ N), est en charge des affaires locales et assure une veille vigilante, en particulier aux frontières de Selitan, où plusieurs incursions récentes de maraudeurs khaasta semble indiquer que le voile mystique commence à décliner.

Enfin, l’Ondinienne Atropos (pl Selitani ♀/Oracle ondinienne 11/ N), se voit en charge des rituels au sein du Temple de l’Onde, et de l’organisation des cérémonies en l’honneur de Nyx. Passionnée par les différentes formes de divination à travers les Plans de la Roue, elle envoie régulièrement ses filles en quête de parchemins et de reliques.

Les bleds du coin : Les villages selitani n’ont rien de notables, généralement bâti à flanc de colline, abritant quelques centaines d’individus ayant à cœur le bien-être de leur communauté, avec un sanctuaire à l’écart du village, où vit une ondinienne liée à Nyx, qui lui octroie des visions via un bassin divinatoire.

Pour les arpenteurs planaires de passage, ces villages offrent une halte plaisante, dans une taverne où sont servis de nombreux fruits et légumes, du rôti de chèvre, un vin léger et épicé, ainsi qu’un fromage excessivement sec, difficile à avaler mais très nourrissant. Chaque village à une famille d’artisans spécialisés. Il faut préciser que le travail du fer n’en est qu’à ses balbutiements.

Mystérieux soltifs : Difficile de cacher de sombres mystères à un peuple de devins. Les Mausolées semblent cependant masqués à la vision ondinienne, et sont connus pour être le séjour de la déesse Nyx. Des oracles sont de temps à autre rappelées dans les entrailles des collines rocheuses, au service de la Puissance. Nul ne sait ce qu’il se passe ensuite pour elles, bien que les femmes du Temple de l’Onde gardent bien à l’esprit que leur protectrice divine fut autrefois une terrible déesse d’Olympe, et que ses pairs la trahir.

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