La Sphère de Nutaraï

 

L’orbe cristallin de Nutaraï est cerné par des nuées éthériques majoritairement formées par les énergies de l’Air et de la Radiance, créant une vaste région exempt de carcasses de Chel’Oon mais marqué par des halos de lumière aveuglante, formant un véritable dédale au sein duquel nul être doté de vision peut s’aventurer sans éprouver de vives douleurs. Rallier l’unique portail permanent s’avère toujours possible, mais particulièrement difficile par le fait qu’il faut naviguer plusieurs jours en se passant de la vue, et en sachant que s’égarer dans le dédale entraîne une rapide combustion des plus solides matériaux.

La Porte de Nuoc’naal est traversée par de puissants vents permettant une navigation à la voile, même si la puissance élémentaire peut facilement broyer des coques contre les parois cristallines. Le voyage jusqu’aux confins du système de Nutaraï prend de cinq à huit jours, les vents dans le passage ne s’arrêtant jamais.

La face intérieure de la Sphère de cristal est recouverte par une épaisse masse gazeuse, renfermant une multitude de formes de vie géantes, descendant probablement des mythiques Chel’Oon. Plusieurs espèces semblent avoir frôlées l’extinction et leur population reste encore fragile, mais sans aucun prédateur, la densité de créatures géantes au sein de cet environnement augmente régulièrement, à tel point qu’il est dangereux de naviguer au sein des nuées gazeuses. C’est également dans cette région que subsistent quelques planétoïdes abritant des ruines Reigar, forgées dans des alliages oubliés, captant encore le rayonnement solaire, maintenant des sanctuaires toujours scellés depuis des millénaires, renfermant sûrement des connaissances mystiques. Quelques références datant de l’époque du Grand soulèvement semblent indiquer que des explorateurs clydön tentèrent de trouver ces lieux abandonnés, allant jusqu’à guerroyer contre les derniers Nabukii, mais échouèrent dans leurs tentatives.  

Le système se résume à quelques amas d’astéroïdes, une poignée de planétoïdes, le tout orbitant autour d’un soleil lavande nommé Nuoc. Cette étoile à la couleur singulière favorise le développement de vortex liés au Plan élémentaire de l’Air, apparaissant partout au sein du Vide, et se concentrant autour de huit planétoïdes, offrant à ces derniers une atmosphère dense, malgré des trames planétaires affaiblies.

Les huit planétoïdes proches de Nuoc abritent les vestiges de l’antique empire Nabukii. Ce sont des mondes morts où existaient jadis des mers peu profondes, désormais asséchées. Quelques forêts aux troncs noueux et aux feuillages noirs subsistent encore, mais la majorité des surfaces sont depuis longtemps des étendues arides et caillouteuses, sur lesquelles se dressent des métropoles en ruines. Mais alors que les mondes Nuac’Taal devraient être des planètes mortes, leurs atmosphères continuent à se régénérer grâce à de nombreux vortex d’Air, naissant régulièrement grâce au rayonnement solaire. 

Quelques explorateurs des Agrégats ont arpenté ces mondes désertiques, estimant que la Vie pourrait rejaillir, avec l’aide de cercles druidiques ou la présence d’une divinité. Les efforts requis ne semblent cependant intéresser personne, et l’ancien empire Nabukii se voit délaissé par les peuples d’outresphère.

Ports d’accueil : Contrairement à leurs descendants Clydön, les Nabukii se contentèrent longtemps d’un simple cabotage spatial aux abords de leurs mondes, naviguant sur les courants solaires de l’espace Nutaraï. Les tentatives pour traverser l’océan gazeux des Confins furent rares, et plus encore celles ayant amenées quelques explorateurs à trouver le passage vers le Phlogiston, débouchant sur le traumatisme de tout un peuple après une rencontre avec les titanesques Chel’Oon.

Au sein des ruines de l’ancien empire, les infrastructures spatiomantiques sont rares, tout au plus quelques grands berceaux de roche sculptée subsistent dans les plus importantes métropoles. Les plus intéressantes structures restent certainement la douzaine de petits Anneaux de translation en orbite, brisés et inutilisables, mais s’avérant être les premiers exemplaires ayant permis aux conquérants de déferler sur ce qui deviendrait plus tard les Soixante Sphères.

Ressources : Les mondes nabukii offrent d’importantes variétés de minerais, se trouvant encore au fonds de nombreuses mines, fragilisées par le temps, limitant toute nouvelle exploitation à grande échelle, mais faisant la fortune d’occasionnels guildiens aventureux. Toutes les nappes phréatiques semblent s’être évaporées il y a longtemps, et les rares précipitations suffisent à peine à entretenir une flore en voie d’extinction.

Les planétoïdes ne peuvent également plus soutenir de formes magiques, tant leurs trames sont amoindries. Il est cependant possible de puiser dans la magie de l’Air, grâce aux nombreux vortex générés par le halo solaire de Nuoc.

Cultures : Difficile de cerner la civilisation nabukii, tant les Clydön cherchèrent à en effacer toute trace, comme s’ils éprouvaient de la honte par rapport à cette filiation. Les ruines encore disséminées au sein du Nuac’taal révèlent une problématique liée à l’eau potable, avec d’immenses citernes bâties en sous-sol, et des représentations de pièges à vents formant de vastes champs aux alentours des métropoles. A son apogée, cette culture de l’Âge sombre semblait malgré tout prospère, naviguant jusqu’aux nuées gazeuses des Confins, chassant les grandes bêtes pour leur chair et leur peau. Des colonies étaient implantées dans tous les amas d’astéroïdes du système, et une caste de mages régnait sans partage sur des Cités-Etats.

Le développement du cabotage spatiomantique arrive très tôt dans l’évolution nabukii, mais stagne également longtemps. Plusieurs incursions des Treels, considérés comme le Grand ennemi, transforment une société de bâtisseurs en civilisation du Vide tournée vers la guerre. Les Nabukii développent un goût pour l’expansion, les amenant à s’aventurer au sein du Phlogiston, et à rencontrer les Chel’Oon. Traumatisés par les léviathans des courants irisés, leur société entame un lent déclin, coïncidant avec la découverte de symbiotes cristallins vivants en harmonie sur le dos de nombreuses créatures des Confins. Ces Niliim fournissent aux Nabukii une source de magie alternative, et une époque de purge apparaît sur de nombreuses fresques, montrant la vieille caste des aéromanciens affronter des sorciers puisant dans des forces dimensionnelles, ravageant les planétoïdes du Nuac’taal. Des ébauches d’Anneaux de translation, en orbite dans les cieux, semblent être les plus récentes représentations d’artistes, probablement asservit par ceux d’une nouvelle caste régnante, les Clua’doon.

Sites notables : Les mondes morts des Nabukii furent maintes et maintes fois pillés, tout d’abord par leurs descendants Clydön, qui asservirent les dernières générations de leurs ancêtres, puis par des vagues successives de natifs des Agrégats, attirés par de fausses promesses de reliques et artefacts. Malgré tout, il subsiste quelques lieux singuliers au sein de ces planétoïdes.

Le Grand cercle de Clu’aa est en quelque sorte le berceau de la civilisation Clydön, un lieu où les cristaux vivants, les Niliim, furent vidés de leur substance afin d’alimenter une matrice de pouvoir rudimentaire, qui altéra les premiers sorciers, leur permettant de puiser dans le Nual’gaar, une réalité alternative utilisée comme réserve de magie par les générations suivantes de Sorciers. Le cercle s’étend sur plus d’une lieue, délimité par de grandes griffes forgées à partir de ce qui dû être la totalité des réserves de fer nuac’taal. Des dizaines de cristaux ternis sont disséminés dans le sol calciné, et un tintement diffus résonne dans l’esprit de quiconque s’aventure sur le lieu de cet épouvantable génocide. Les pouvoirs divinatoires employés dans le grand cercle entraînent la folie, de laquelle seule une mort miséricordieuse peut libérer.

La Nécropole de Suac’loon semble avoir été un lieu de rassemblement pour tous les Nabukii, même durant leurs conflits internes. Isolée dans une région de collines caillouteuses, la nécropole est toujours préservée, avec plusieurs bâtiments intacts. Comme tous les peuples de l’Âge sombre, les Nabukii ne vénéraient aucune divinité, le concept même d’entité supérieure n’existant pas. Cependant, les morts étaient ici honorés par une crémation sur un immense bûcher taillé dans une pierre météoritique de couleur turquoise, leur esprit rejoignant Nuoc, le soleil lavande.

Au sein de grandes habitations sans fenêtres, et aux dalles d’entrée scellées, ce sont ainsi des dizaines de milliers d’urnes funéraires qui se trouvent alignées, représentant des générations familiales. Les urnes peuvent être en métaux précieux, certaines ont survécus aux pilleurs de tombes, d’autres serties de gemmes, mais la majorité sont de simples poteries. Tout cela permet aux sages d’avoir une vision assez nette de la société nabukii.

Le Noyau Zoleek est une caverne particulièrement difficile d’accès depuis la surface, se trouvant en réalité bien plus proche du cœur de l’un des planétoïdes, semblant d’ailleurs maintenir ce phénomène en activité. Point local de sortie du Réseau Zoleek, le Noyau a visiblement été peu emprunté par les voyageurs habituels du réseau, et certains sages jugent sa création comme spontanée, sans contrôle de la part des Zoleek. Quelques inscriptions gravées dans la roche de la caverne révèlent cependant que des poignées d’explorateurs nabukii découvrirent le passage et l’empruntèrent. Il serait donc possible que, malgré les millénaires écoulés, quelque part dans le Multivers, le sang Nabukii continue à se transmettre.

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