Le système Son-Koruu

Longtemps considéré comme un bastion de l'enseignement pacifique des Sharood durant l'Âge Spirituel, le système accueillit de nombreux peuples en recherche d'un renouveau, après les terribles guerres ayant opposées les Primæ aux Conquérants. Durant un temps, Son-Koruu fut le cœur d'un important mouvement tourné vers les Voies de l'Esprit. Puis, avec l'émergence des Clydön et de leur Empire des Soixante systèmes, les Trois anneaux des Voies furent finalement oubliés. Les communautés prospèrent firent le choix de migrer vers les lieux éloignés, oubliés des terribles Conquérants.

Cerné par des Nuées æthériques d'Eau, le système Son-Koruu est en quelque sorte protégé par de terribles tempêtes, en mesure de briser les coques les plus solides des imprudents navigateurs osant braver ces éléments. Il existe cependant d'antiques passages, cartographiés par différents peuples ayant suivi les enseignements Sharood. L'un d'eux perdure depuis la nuit des temps, les deux autres furent façonnés grâce aux Voies de l'Esprit, par des moyens et des peuples oubliés. Sharam-Soroom était jadis le principal accès vers le système Sharood. Un vaste champ de mines cristallines protège toujours ce passage, qui est de fait le moins fréquenté. Seuls des Psions ayant suivi les enseignements Sharood peuvent espérer pouvoir franchir un tel dispositif sans risquer les vies d’un équipage. Permettant de rallier rapidement le coeur du système, Sharam-Soroom était balisée par de nombreuses haltes au sein de petits planétoïdes solitaires, transformés par les pouvoirs Sharood en haltes bienvenues. Depuis la disparition des Guides cependant, ces étapes ne sont guère entretenues et de terribles prédateurs du Vide maraudent aux alentours, espérant voir de nouveaux arrivants rechercher ces ruines anciennes, dont l’atmosphère est bien souvent viciée, et où une étrange faune cristalline s’est développée.

K’n’v’k est également connue des rares voyageurs à fréquenter régulièrement cet espace comme le Passage K’r’r’r. Ancrées dans les nuées æthériques, d’étranges toiles arachnéennes cristallines forment un labyrinthe sur de larges étendues, et des entités adaptées au Vide évoluent le long de ces filaments, parfois épais de plusieurs dizaines de mètres. Pas moins d’une douzaine d’espèces arachnides géantes cohabitent dans le passage. Nul ne connaît la raison de leur présence en ce lieu précis, mais leur existence remonte à l’Âge Spirituel et la venue des Sharood. Ne prenant normalement pas garde aux navires  croisant à proximité, les entités de la Porte de K’n’v’k deviennent agressives lorsque leurs toiles cristallines sont percutées, ce sont alors les vibrations qui perturbent les créatures. Les malheureux capturés sont scellés dans des cocons et sont momifiés, leur carcasse servant ensuite d’incubateur pour les nouvelles générations d’arachnides.


Le troisième passage est essentiellement connu des Illithids, qui seuls peuvent s’aventurer au sein de ce qu’ils nomment la Fronde d’Azoc. De prime abord, le passage semble tout à fait ordinaire, sans aucun danger apparent ni concentration de nuée æthériques. A mi-chemin Confins de Son-Koruu cependant, un cercle de cristaux psioniques apparaît. Les nefs s'en approchant sont projetés à une vitesse folle vers les premiers amas d’astéroïdes du système, sans contrôle possible et avec une importante probabilité de percuter un débris rocheux. Il apparaît que les Sharood établirent la Fronde afin de gagner un temps précieux, éludant les longues semaines d’insertion orbitale autour de leurs mondes d’alors. Les Flagelleurs mentaux des Grandes enclaves expérimentèrent longtemps les principes régissant l’artefact cosmique, ils finirent par comprendre comment l’employer efficacement, et dispensent leur savoir à leurs plus loyaux alliés. La Fronde d’Azoc permet à qui maîtrise les anciennes Voies de l’Esprit de projeter un navire, voir une flotte entière, à travers tout le système, jusqu’aux abords du soleil. Les coordonnées d’arrivée doivent bien entendu être soigneusement définies, la Fronde se charge ensuite de déterminer une trajectoire d’insertion optimale. Durant le transfert, le bâtiment est capable de se mouvoir pratiquement à une vitesse spatiale, sans tenir compte de la proximité des corps planétaires et en bénéficiant d’une enveloppe d’énergie cinétique le protégeant des objets cosmiques mobiles.

Jonchés d'innombrables amas de débris, les Confins du système seraient encombrés des disques d'accrétions de trois planètes mythiques, ayant existées jusqu'à l'apogée des Sharood. Quelle force pu alors anéantir tout un système? Aucune archive n’est en mesure de préciser l’origine du cataclysme, bien que les Illithids des Grandes enclaves s’attribuent ce sinistre exploit. Plusieurs des plus importants planétoïdes sont occupés par des colonies K’r’r’r, établies là depuis quelques millénaires. Il est difficile d’évaluer les populations vivant dans ces colonies, mais elles dépassent de loin le million d’individus. Les vestiges des mondes brisés servent de mines aux K’r’r’r qui en font également autant de mouillages pour leurs essaims de petites nefs. Ces ressources sont jalousement conservées, et un navire en perdition ne devra pas s’attendre à un quelconque secours des communautés minières K’r’r’r.

Du système originel de Son-Koruu ne subsistent plus que trois ceintures éparses d’astéroïdes gelés, restes de mondes sur lesquels prospérèrent les Sharood, et bien d’autres peuples avant eux. Le soleil bleu de cette Sphère est nommé Korunoc, il darde un rayonnement froid jusqu’aux confins du système, favorisant ainsi certaines ethnies K’r’r’r. Selon certaines légendes anciennes, le soleil ne fut pas toujours ainsi, et son éclat bleu semble avoir pâli, tout comme son halo se serait refroidi au fil des millénaires. Encore une fois, aucun sage ne parvient à expliquer la raison d’une telle transformation, même si un texte remontant au début de l’Âge Spirituel et attribué aux Nyokosorii indique la fin de leur divinité protectrice, Kor’onoc, terrassée par la volonté de Ceux-aux-nombreuses-gemmes, une référence antique à la venue des Sharood dans les Systèmes Connus. Il est avéré que la présence Nyokosorii se fit bien moins présente durant le règne Sharood, et que leur culture avancée était basée sur la vénération d’une Puissance solaire encourageant leur dispersion à travers tout le système.

Des anciens mondes de Son-Koruu subsistent encore des noms mythiques, désormais attribués aux ceintures d’astéroïdes positionnés sur des elliptiques proches. Les ensembles de débris au sein du système possèdent rarement une atmosphère, et aucun n’est suffisamment imposant pour disposer d’une gravité notable. Un tel environnement à visiblement attiré de nombreuses communautés K’r’r’r, fort dissemblables et s’ignorant la plupart du temps. Les alliances éphémères sont cependant devenues nécessaires face à la menace des Grandes enclaves Illithids, maraudant dans le système en quête de reliques Sharood et de ruines abandonnées.

Au plus proche de Korunoc se trouve les Amas de Simuoc, rassemblant dans son influence gravitationnelle le plus grand nombre d’astéroïdes de Taille B, et servant de territoire à pas moins de huit espèces K’r’r’r, essentiellement des communautés de navigateurs et d’armateurs possédant plusieurs milliers de nefs psioniques.

L’Anneau de Junoc est ce qui subsiste d’un monde majeur des Sharood, un sanctuaire des Voies de l’Esprit où des représentants de cent espèces vinrent profiter du leg psionique des Junans. De cette ère glorieuse, rien ne subsiste à l’exception de quelques éléments d’une architecture cristalline. Quel que fut la nature du cataclysme ayant pulvérisé les mondes de Son-Koruu, il semble bien avoir eu comme épicentre la planète autrefois nommée Junoc. Quelques communautés K’r’r’r se sont sédentarisées autour des plus gros planétoïdes, dont la tribu K’r’t’t’k, connue pour ses mystérieux liens avec les voyageurs du Temps et les Chronomanciens des Systèmes Connus.

L’Etau de Sutoc est l’anneau d’astéroïdes extérieur du système, il est également le moins visible, les corps le constituant se désagrégeant plus rapidement. Son nom d’Etau de Sutoc est cependant récent, car les amas le formant sont agités par des forces gravifiques particulièrement instables, transformant toute traversée en acrobatique série de manœuvres spatiales pour éviter de voir son navire broyé.

1 commentaire: